Notes rapides sur quelques films vus (Lou ye, Spielberg, Allen)

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Purple Butterfly pourrait évoquer Lust Caution, mais c’est un mélodrame historique plus cérébral que, où Lou Ye a eu visiblement du mal à décoller de sa table de montage, se lançant dans quelques expérimentations pas toujours convaincantes. Il s’agit à l’évidence de tenter un récit fragmenté ample qui puisse néanmoins s’accorder à l’esthétique à fleur de peau que l’on retrouve dans Suzhou River ou Nuits d’ivresse printanière. Les acteurs sont moyennement intéressants ici, Zhang Ziyi en tête. Mais en se basant notamment sur la figure de l’accident dans l’affrontement politique, via une sous-intrigue en forme de virus, le film captive souvent dans sa tentative de retranscrire au plus proche le chaos des ressentiments, en s’extrayant aussi du nationalisme et/ou sentimentalisme souvent à l’œuvre dans les films historiques chinois … Purple Butterfly laisse une sensation de foisonnement où le lyrisme et le romantisme ne trouvent simplement pas leurs places. Film sélectionné à Cannes à l’époque, mais mal accueilli et jamais distribué en salle en France (DVD chez Why Not avec “Love and Bruises”)

bridge of spy

Le Pont des espions, c’est d’abord un scénario originel trituré par les Frères Coen, dont on pourra imaginer par jeu quel aurait pu être le traitement alternatif (débarrassé de la narration alternée du début si possible, bien raide). Au-delà des cinéastes classiques souvent cités, j’aurais préféré, je crois, voir ce sujet traité par Mulligan ou légèrement tordu par Lumet. Peut-être une évolution cinéphile de ma part… La mise en scène de Spielberg tend ici en permanence à l’iconographie grandiloquente, soutenue par une maîtrise narrative rutilante qui s’accorde mal je trouve au sujet, pour lequel l’humilité se joue tout autant que l’enjeu de civilisation. Le grand bluff de la seconde partie, au-delà de la figure du héros hollywoodien, est surtout soutenu par un portrait ridicule des allemands de l’est.Sans relancer d’énièmes débats, tous ces enchaînements “Roller coaster” autour du mur de Berlin en construction s’avèrent justes grotesques, là où le cheval dans les tranchées de War Horse étaitsurtout vecteur d’onirisme et de baroque au travers de l’Histoire. Vraiment pas ma veine préférée chez ce réalisateur, même si ce cinéma total assez monstrueux conserve toujours quelque chose de fascinant.

irrational

L’Homme Irrationnel, soit le nouveau petit théorème en vase-clos de Woody Allen, qui n’en aura donc toujours pas fini de décliner son Crimes et délits en modes mineurs. Ceci dit j’avoue que m’attendais à bien pire à la lecture de certains avis (mais je me demande si ce ne sont surtout les deux précédents opus qui ont été un peu trop bien accueillis). C’est tout petit mais il y a des belles choses dans la première partie dépressive, son installation en double narration, même si elle ne donne rien au final, et que l’ensemble se brès dès que surgit l’idée du meurtre. Comme souvent on va retenir les confessions angoissées plutôt que les petites équations narratives, où règne la fascination pour la médiocrité et le mesquin, et où plus difficile sera la chute des personnages. Joaquin Phoenix reste très bon et rend son personnage presque touchant, sans nul doute l’un des acteurs de l’année après Inherent Vice. Parker Posey sur le retour est très bien aussi… Quand à la photo de Darius Khondji, elle a l’air d’appartenir à un autre monde maintenant (je crois que ne vais presque plus voir les Woody Allen que pour Khondji).

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