« Chapeau Melon et Bottes de Cuir » – Saison 4 (1965-1966, 1)

cyber2b

L’un des bonheurs d’après fêtes est de redécouvrir The Avengers au travers des nouvelles éditions Blu-ray de Studio Canal. Et si j’ai vu et revu les saisons 5 et 6, que j’enregistrais sur M6 autrefois, c’est moins le cas de la 4 pour laquelle il me restait plusieurs épisodes à découvrir, malgré un passage récent sur arte (concernant les saisons avec Honor Blackman, il faudra que je retente ayant moyennement accroché à un petit essai il y a quelques années)

Beaucoup de livres et de sites se chargent de faire l’historique de The Avengers (je vous conseille en anglais le très bon The Avengers Forever).. alors je me contenterais simplement de rappeler que la saison 4 est la première :

– à avoir été tournée en 35mm et tout simplement sur pellicule, en lieu et place de la vidéo. Outre l’abandon définitif du direct, pour la première fois la série a pu se permettre de véritables extérieurs.

– à mettre en scène Emma Peel, initialement interprétée par Elizabeth Shepherd, avant que cette dernière ne soit remerciée pour diverses raisons. Deux épisodes ont été presque entièrement retournés avec Diana Rigg et d’autres réalisateurs.

– à intégrer le célèbre thème de Laurie Johnson.

– à avoir été diffusée en France. Les saisons 2 et 3 (la première est presque intégralement perdue) ont été diffusées seulement pour la première fois sur le câble dans les années 90.

– à avoir été diffusée aux USA, vendue au diffuseur dans un package avec la saison 5 en couleur, qui sera presque entièrement du fait de la commande américaine (le show très couteux aurait pu s’arrêter dès cette saison 4). Les américains ont eu le droit à la petite introduction sur échiquier ci-dessus, avec grosse voix de rigueur.

Place donc aux quatre premiers épisodes (ordre de diffusion télé)

Voyage sans retour – The Town of no return (Roy Ward Baker)

Brian Clemens est seul au scénario de cet épisode qui est une introduction idéale pour cette saison. On sent le plaisir à tourner en extérieur en se rendant presque intégralement sur la côte anglaise, et le réalisateur Roy Ward Baker en tire un maximum. Cet épisode sera paresseusement recyclé un an plus tard pour “Le mort vivant” en saison 5… Mais ici tout est de l’orfèvrerie.

En saison 4 la série n’a clairement pas encore tous les rituels et toutes fantaisies des deux suivantes, mais elle joue admirablement de la durée et de scénarios qui prennent encore le temps de développer certains éléments au premier degrés. Le rythme comme l’environnement ont encore un pied dans le réalisme : les décors vides, ici un village qui n’est presque plus habité et ses bunkers hérités de la guerre, ont ainsi une résonance assez trouble dans cette période sixties. Les scénarios en eux-mêmes tournent alors beaucoup autour d’une atmosphère de guerre froide à la paranoïa malaisante, ce qui rend l’univers peut-être moins fascinant et délirant, mais plus plus angoissant qu’il ne le sera par la suite.

Le personnage d’Emma Peel apparaît un peu sur la réserve ici, pas tout à fait défini, et pas encore dans ses parfaits escarmouches avec Steed, n’en déplaise à la belle introduction en guise de duel… Plus autonome comme agent à part entière par la suite, elle est souvent employée en première partie d’épisodes dans diverses couvertures fonctionnelles (ici comme institutrice), avant de revêtir en seconde partie la tenue de cuir inaugurée par Honor Blackman.

Les Fossoyeurs – The Gravediggers (Quentin Lawrence)

C’est le seul épisode de The Avengers réalisé par Quentin Lawrence, grand habitué de la télé anglaise. Une intrigue introduisant une nouvelle fois la technologie comme arme de guerre secrète, et dissimulée dans des décors là encore d’apparence anodins, derrière des institutions honorables (hôpitaux, cheminots, croque-morts), ici totalement détournées, parfois de manière acerbe il faut le dire.

Plus que l’enquête légèrement poussive et le ryhtme qui a du mal à se trouver au départ, ou même l’attrait pour les infirmières inquiétantes, c’est la fascination pour le chemin de fer qui amuse le plus ici : un simulacre de voyage offre une scène hilarante d’absurde, et surtout le final sur un petit train courant tout droit vers une Emma ligotée reste anthologique. Les moments de délivrances suggestifs par Steed, passés ces instants cathartique, sont alors à leurs sommets.

Les Cybernautes – The Cybernauts (Sidney Hayers)

Un grand classique de The Avengers qui entraina même d’ailleurs deux suites, même si on peut y voir déjà le patron de plusieurs épisodes des dernières années de la série : un criminel ultra menaçant mais invisible, voir une créature surhumaine d’apparence, et qui commet des exactions tout le long de l’épisode jusqu’à être identifiée. C’est un peu le côté le plus Scoobi doo de Chapeau Melon et bottes de cuir aujourd’hui. Ce premier épisode (qui reste le meilleur) de cette saga des Cybernautes est en fait surtout à retenir pour les excellentes scènes de combats de karaté avec Emma. Une intrigue de cours d’arts martiaux annexe qui aura d’ailleurs moyennement d’importance avec le reste de l’épisode, mais qui  s’avère le plus marquant. L’ensemble reste quand même bien plaisant, avec un chouette Michael Gough en méchant.

Mort en Magasin – Death at Bargain Prices (Charles Crichton)

Voilà un bijou d’épisode de The Avengers, qui bénéficie d’un excellent scénario de Clemens. L’idée du grand magasin comme planque pour un plan d’espionnage digne du SPECTRE s’avère génial, et Charles Chrichton et la direction artistique ne manquent pas de tirer un grand maximum du décor en vertical et de sa décomposition en diverses “sections” improbables.. C’est un bonheur dans la narration et le décorum, jusqu’aux scènes de combats qui s’avèrent particulièrement précises en fin d’épisode.

Le grand magasin en question est bien évidemment déserté par la clientèle mais chaque vendeur tient un rôle précis, dans un véritable “détournement du quotidien”, avec encore des comploteurs très réussis. Emma Peel y sera tour à tour vendeuse et agent de l’inspection du travail… mais on s’amusera aussi à voir comment le personnage était alors décrit comme particulièrement avide de science, prise intensément dans ses recherches jusqu’à ne pas chercher la réplique à tout prix avec Steed, voir à limite lui laisser la porte close.

Et en parlant de la porte d’entrée de chez Mme Peel… le diable en forme d’Iris géant reste sans doute l’une des images les plus perturbantes de ces épisodes!

To be continued …

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