« Chapeau Melon et Bottes de Cuir » – Saison 4 (1965-1966, 2)

h20

Première Partie à retrouver ici

Le fantôme du château De’ath – Castle of De’ath (James Hill)

Une virée en Écosse bien méritée et presque obligée pour cette première saison largement en extérieurs de The Avengers. Les amateurs de vieux châteaux et de gothique apprécieront forcément cet épisode qui, passé le meurtre introductif , débute pour une fois directement par Steed et Peel en couverture. Cette absence d’exposition de l’enquête est assez originale et nous plonge directement dans un environnement atypique, même si on pourra avoir un peu de mal à cerner la galerie de personnages secondaires et antagonistes. Ce qui est dommage au regard du twist final, mais là encore le jeu de masques est finalement plus sophistiqué qu’à l’accoutumé. Le plan à visée de déstabilisation économique derrière tout cela est par ailleurs assez amusant. On pense un peu à l’Ile Noire d’Hergé devant cet épisode!

C’est le premier segment réalisé par James Hill, dont la carrière est jalonnée d’allers-retours avec le cinéma, via quelques œuvres devenues de petits classiques : Born Free (mais il a signés plusieurs autres films à contexte animalier) et Sherlock Holmes contre Jack l’éventreur notamment.

Les aigles – The Master Minds (Peter Graham Scott)

Contrairement à James Hill, Sidney Hayers ou Roy Ward Baker, Peter Graham Scott a un CV cinéma bien moins fourni, mais cela ne l’empêche pas de faire preuve d’inventivité visuelle ici, que ce soit dans l’introduction d’Emma dans l’épisode, où dans les scènes de combats finales en ombres chinoises, très graphiques.

The Master Minds est incontestablement dans le haut du panier de The Avengers et peut rejoindre le meilleur de la série B de l’époque. L’excellent scénario paranoïaque de Robert Banks Stevens mêle en quelque sorte Une balle dans la tête et le futur Prisonnier, en s’appuyant sur une construction en deux parties très distinctes qui reste là encore assez originale pour la série. L’idée de l’organisation élitiste cooptant les meilleurs QI aux fins d’actions spectaculaires sous hypnose donne lieu à des postulats sophistiqués et atmosphériques, certainement parmi les meilleurs de la série. Petit chef d’œuvre qui exploite en prime merveilleusement l’aspect “surdouée” du personnage d’Emma Peel, qui prendra aussi part à l’action entièrement du côté des antagonistes…

Cœur à cœur – The Murder Market (Peter Graham Scott)

Le meurtre introductif est très court, mais il est particulièrement efficace et illustre idéalement comment la série s’amuse à jouer de sa règle d’absence totale de sang à l’écran. Le concept d’échanges de meurtres à la Strangers on a train au sein d’une agence matrimoniale est particulièrement efficace, et même s’il table sur une intrigue plus cloisonnée et d’apparence plus terre à terre que d’autres de la saison et à venir, cet épisode est un régal niveau humour et rythme.

La chronologie est complexe pour cette saison (et ça deviendra pire par la suite). Septième épisode dans l’ordre de diffusion, Il s’agit en fait du premier tourné avec Diana Rigg, et du premier vrai segment complet à avoir été “retenu”. Initialement, Wolf Rilla (Le Village des Damnés) en était le réalisateur, avec Elizabeth Shepherd en Emma Peel, mais le tournage fut interrompu et repris avec Peter Graham Scott, et donc la nouvelle actrice vedette. Et The Town of No Return, une première fois tourné avec Shepherd et inaugurant la diffusion? Son 2ème tournage eu lieu en fait quelques mois après The Murder Market!

Pour beaucoup de fans, Diana Rigg interprète ici une Emma Peel assez fantasque et plus proche de Cathy Gale (voir la scène solo au champagne dans la chambre mortuaire, ou ses expressions lors de son combat final), ce qui pourra être interprété comme un témoignage des problèmes de productions.

Dans sept jours le déluge – A Surfeit of H2O (Sidney Hayers)

Malgré le hight-concept du savant fou qui manipule la météo (le film de Jeremiah Chechik de 1998 en reprendra le postulat), cet épisode est légèrement décevant. Excessivement focalisé sur quelques personnages secondaires hauts en couleurs, caricaturant la campagne anglaise, le scénario a du mal à décoller, notamment par des références bibliques assez assommantes en première partie. On s’amuse forcément beaucoup plus dès que l’on se retrouve dans la distillerie diabolique…

Passé la très bonne introduction mouillée et écrasante, la mise en scène de Sidney Hayers est assez plate, réveillée par quelques gros plans presque surréalistes du visage de Diana Rigg sous la pluie, et surtout lors d’une scène de torture “sous pression” qui prend une nouvelle fois un double sens sexuel très explicite. Enfin il faut noter que Patrick Macnee excelle comme jamais ici dans le registre de l’enquiquineur…

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Petite remarque qu’on se fera immédiatement concernant le fait de redécouvrir The Avengers en Blu-ray: même si la série tient très souvent la dragée haute au grand écran, ça ne pardonne pas dans la mise en avant ostensible des défauts liés au rythme de tournage la télévision dans les sixties. Il faut voir le nombre important de micros dans le champ ou de projecteurs glissant à même l’écran, ainsi que de doublures grossières.

C’est dit, et on n’y reviendra plus! D’autant que finalement on peut s’y faire dans l’artificialité des dispositifs de la série.

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shepherd

L’un des bonus du disque 2 de l’édition Studio Canal propose une courte mais intéressante interview téléphonique avec Elizabeth Shepherd, qui donne son point de vue sur son éviction du rôle d’Emma Peel. Après un recrutement sans essais, le producteur Julian Wintle lui aurait indiqué que ses suggestions étaient les bienvenues… Ce dont Shepherd ne se serait pas privée, réclamant plusieurs modifications relatives au caractère de son personnage, mais aussi l’usage d’un costume rouge et l’emploi de gadgets ultras-sophistiqués. Il semblerait que ces demandes aient régulièrement retardés le plan de tournage, outre que les producteurs y étaient en permanence réticents.

Pour Shepherd, son éviction est bien évidemment une injustice, et elle ne manque pas d’égratigner Clemens et Wintle, décrits comme assouvissant certains fantasmes via la série (qu’elle juge encore rétrogrades et clichés, comme celui des costumes en cuir). Cette perspective, née peut-être d’une déception, est malgré tout intéressant par rapport au fait que The Avengers reste dans l’imaginaire collectif comme une série progressive relativement à ses personnages féminins.

To be continued …

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