« Coffee and Cigarettes » – Jim Jarmush

2016, c’est l’année où je découvre vraiment le cinéma de Jim Jarmush. Je me  rends compte que j’avais toujours cherché à m’en tenir à distance, que je m’en approchais sans enthousiasme. Une méfiance totalement injuste, mais il y en a souvent de ce type d’approches ratées en tant que spectateur, qui peuvent empoisonner le rapport que l’on entretient à un cinéaste… Est-ce que l’on peut vraiment « se perfectionner » en tant que cinéphile et s’assurer que l’on puisse avoir un jour le moins possible ce type de réaction? Ce n’est peut-être pas nécessaire car il y a une joie réelle en même temps à finir par « fondre la glace » vis à vis d’un artiste.

C’est un film à sketch plutôt mal-aimé je crois ce Coffee and Cigarettes. Comme souvent chacun y trouvera peut-être ses segments préférés… celui en papier glacé avec Cate Blanchett me paraît notamment assez raté quand j’avoue un faible pour Renée.

L’assemblage douillé annule je crois toutefois au final ce principe cliché du genre : grâce à une accumulation d’échos discrets de chapitres en chapitres notamment, lesquels sont pourtant tous concoctés très intelligemment par des chef-opérateurs différents.

Au sein d’une palette de motifs très réduite, c’est bien la fragilité du moment qui est traquée : et si la pose menace, elle ne s’installe jamais vraiment. Sans doute grâce au regard attentif et doux qui est porté par le cinéaste sur le banal, un amour pour l’échange qui tourne court, où le sentiment d’échec table sur une forme de minimalisme qui se situe sans doute à la frontière de l’affèterie… mais sans jamais y tomber. Il y a une élégance incroyable à vraie dire,  c’est un peu situé à la limite parfaite au dandysme : la retenue avant le pire.

Se sentir à la fois « divorcé du monde » et dans un rare sentiment d’union, c’est le tour de force paradoxal du film et de ces tableaux en forme de mondes parallèles, aux durées toutes variables. Les stars qui défilent jubilent d’ailleurs de l’anonymat que leur offre le cinéaste, en n’étant presque plus que de volatiles noms ou prénoms.

En effectuant ces quelques captures, c’est malin… mais je me suis pris à revisiter presque le film entièrement, au « ralenti »… Sa décomposition intensifie la première impression, difficile de ne pas l’aimer plus encore.

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